27 juin, 2011

L’INSURRECTION DE 1871 à l’Est de Jijel

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L’INSURRECTION DE 1871 à l’Est de Jijel
L’INSURRECTION DE 1871 A DJIDJELLI
MOULAÏ-CHEKFA et MOHAMMED BEN FIALA
(13 Juillet-5 Septembre.)

Par : LOUIS RINN
 
Lorsque El-Haoussine-ben-Ech-Cherif-Moulaï-Chekfa était venu, le 20 juin 1871, prêter son concours au grand maître de l’ordre des Rhamanya, [...]il avait été ébloui parla facilité avec laquelle les tribus s’étaient groupées autour de lui. [...] quand Chikh-el-Haddad se fut livré au général Saussier, Moulaï-Chekfa se crut de taille et de force à prendre la direction du mouvement insurrectionnel, qui semblait devoir rester sans chef.
 
Son lieutenant et ami Mohammed-ben-Fiala était plus intelligent : il ne partageait pas ces illusions ; mais, comme c’était lui qui avait lancé l’inconscient Moulaï-Chekfa dans cette aventure, il n’était pas homme à s’arrêter en route. Il continua donc ses menées insurrectionnelles, que favorisait l’absence de troupes entre Collo, El-Milia et Djidjeli. Ces trois points restèrent ses trois objectifs de prédilection, alors que Moulaï-Chekfa, momentanément sous l’empire d’autres influences, aurait préféré agir dans les environs de Mila et du Ferdjioua.
 

Soldats français en algerie de 1871.
 
 
Mais ce côté, depuis le 12 juillet, était bien gardé ; la colonne Vata, portée à 1,700 hommes et passée sous les ordres du colonel Aubry, avait, pour s’éclairer et se renseigner, un excellent goum commandé par le chef du bureau arabe de Constantine, le capitaine Villot, dont l’activité et les capacités étaient bien connues des indigènes de la région.

 
Moulaï-Chekfa chez les Beni-Khettab et Mohammed-ben-Fiala à El-Aïnseur (13 juillet).

Aussi Moulaï-Chekfa avait quitté Zraïa et s’était retiré dans la montagne des Beni-Khettab, où d’ailleurs il recrutait de nouveaux et nombreux contingents.

Quant à Mohammed-ben-Fiala, il était resté dans les environs de sa zaouïa, et il s’occupait à détruire, dans l’Oued-Zhour, les résultats produits par la présence du chef du bureau arabe de Collo, le capitaine Pont, qui parcourait le pays environnant avec une bonne saga et quelques spahis.

Dès le 13 juillet, Mohammed-ben-Fiala avait près de lui, à El-Anseur, les trois chioukh de l’Oued-Zhour : Braham-ben-Amor, des Beni- bel-Aïd ; Salah-ben-Souilah, des Beni-Ferguène ; Ameur-ben-Rfas, des Beni-Meslem. Autour d’eux s’étaient groupés tous les naïfs, tous les exaltés et tous les mauvais sujets des tribus voisines de l’embouchure de l’Oued-el-Kébir.

Démonstration contre les avant-postes de Djidjeli (16 juillet).

Dès que Mohammed-ben-Fiala eut assez de monde, il envoya un groupe recommencer les hostilités contre Djidjeli, sous les ordres du moqaddem Sid-el-hadj-Larbi-ben-el-hadj-Mohammed-Seddik(1), qui déjà précédemment avait été chargé par Si-Aziz d’une mission dans ce pays. Ce moqaddem essaya, le 16 juillet, d’attaquer les avant-postes couvrant Djidjeli ; mais sa bande fut dissipée et décimée par quelques obus bien dirigés avant qu’il ait pu nous causer le moindre mal.

Les rebelles dans la plaine de l’Oued-Zbour (17 juillet).

Le 17 juillet, Mohammed-ben-Fiala, précédé du drapeau de sa zaouïa et d’une bruyante gheïta(2) qui signalait sa marche, traversait l’Oued-el-Kébir avec un millier de fusils et parcourait les tribus de l’Oued-Zhour, recevant partout les hommages des Qbaïls ; mais, ayant tout à coup vu déboucher d’une crête encore éloignée le chef du bureau arabe de Collo, le capitaine Pont, qu’accompagnaient une nombreuse saga et quelques spahis, il crut avoir devant lui l’avant-garde d’une colonne, et, après s’être arrêté un instant et avoir fait jouer à sa gheïta un morceau des plus belliqueux, il se jeta, avec ses contingents, dans les montagnes des Mchate, et se déroba ainsi à l’attaque dont il était menacé.

Les Mchate, les Djebaïlia, le rejoignirent, et, le 19 , ils allèrent camper avec lui sur la montagne de Tsemfedour, au nord d’El-Milia.

Attaque d’Adjankla et d’El-Milia (20 juillet).

Le 20, il essaya de surprendre le village d’Adjankia et d’attaquer le bordj d’El-Milia, mais le canon et les chassepots le tinrent à distance. Il renouvela son attaque le 21 contre le bordj sans plus de succès que la veille, et eut plusieurs hommes tués ou blessés.

Mohammed-ben-Fiala aux Beni-Tlilène (22 juillet)

Renonçant alors à ces agressions sans résultat, et cédant aux obsessions de Moulaï-Chekfa, il se porta chez les Achech, Beni-Caïd (El- Akbia) et chez les Beni-Tlilène d’El-Ma-el-Abiod, qui, menacés d’être razzés, lui fournirent des contingents. Il envoya alors partout des émissaires avec des lettres disant qu’il allait détruire le chemin de fer et les villages ouverts situés entre Philippeville et Constantine. Quelques- unes de ces lettres furent saisies, et on envoya un fort détachement de zouaves à Bizot ; en même temps la Compagnie P.-L.-M. organisa des trains de wagons blindés pour surveiller la voie.

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1. Il était originaire des Fennaïa de Bougie et avait été arrêté le 28 mars à Djidjeli, sous l’inculpation de menées politiques et religieuses antifrançaises. Il avait été dirigé le 6 avril sur Constantine, s’était échappé en route et s’était réfugié à la zaouïa de Mohammed- ben-Fiala.
2. Corps de musique
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Il paraît prouvé que ces lettres n’avaient été écrites que pour nous donner le change et pour nous amener à retirer des environs de Mila la colonne Aubry : car, au lieu de se diriger vers Bizot, Mohammedben- Fiala, suivant les crêtes des Mouïa, se rendit chez les Beni-Haroun, où Moulaï-Chekfa l’attendait avec les Beni-Ftah, les Beni-Khettab et d’autres contingents. L’intention de ce dernier semble avoir été de renouveler une attaque sur Mila et de piller sur sa route les propriétés et silos que possédaient, sur les azels des Beni-Haroun, les caïds, chioukh, spahis et autres agents au service de la France.

Combat de l’Oued-Cherchar (27 juillet)

Mais la colonne Aubry, bien renseignée par le capitaine Villot, était arrivée aux Mouïa, et, le 27 juillet, au passage de l’Oued-Cherchar, elle rencontrait les contingents de Ben-Fiala, qui pendant quatre heures lui tinrent tête et qui furent culbutés après avoir subi de grosses pertes.

Combat de Nouara ou du Souq-Etnine des Mouïa (29 juillet).

Le 29, à Nouara (au Souq-Etnine, ou marché du lundi des Mouïa), la colonne Aubry avait un nouvel engagement avec les contingents réunis de Moulaï-Chekfa et de Mohammed-ben-Fiala, qui furent cruellement éprouvés et rejetés sur la rive gauche de l’Oued-el-Kébir.

La colonne campa le lendemain à Sidi-Merouane ; Moulaï-Chekfa resta sur la limite du Zouagha et des Beni-Khettab ; Ben-Fiala regagna les Beni-Habibi, et, sur sa route, il dit qu’il allait chercher des renforts. Alors les Beni-Tlilène accoururent à El-Milia s’excuser de l’appui qu’ils avaient été forcés de prêter à Ben-Fiala, et ils se mirent à la disposition du chef d’annexe.

Pendant que ces faits se passaient du côté du Mouïa, les rebelles incendiaient toutes les forêts des vallées de l’Oued-el-Kébir et de l’Oued-Zhour.

Destruction des villages des Beni-Hassène et des Haratine, sous Djidjeli (26 juillet)

Le 26 juillet, on s’était encore battu sous les murs de Djidjeli : la garnison, aidée des goums des caïds réfugiés en ville, avait fait une sortie pour brûler les villages des Beni-Hassène et des Harratine(1), qui étaient le rendez-vous de tous les chefs locaux, et où on signalait la présence de Belgacem-ben-Si-Ahmed, frère de Moulaï-Chekfa.

Surpris par cette attaque, les rebelles n’avaient d’abord fait qu’une faible résistance ; mais, une fois l’opération terminée, quand nos troupes reprirent le chemin de la ville, les contingents des O. Ali, O. Mers, O. Belafou, Beni-Amrane, Beni-Khettab-Gheraba, Beni-Ahmed, Beni- Siar, etc., arrivèrent de tous les côtés sous les ordres de Salah-ben-Chater, Salah-ben -Bouchama, Taïeb-ben-Boutefis. Le combat recommença plus sérieux que le matin : nous eûmes deux tués, dont le capitaine Heurteux, et plusieurs blessés, encore bien que l’artillerie de la place couvrit la retraite et fit beaucoup de mal à l’ennemi.

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1. Les Beni-Hassène, Harratine, Ouled-Mers, O. Ali, sont des fractions des Beni- Amrane-Seflia, comprises dans le douar-commune de l’Oued-Djendjène.
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Départ de Constantine de la colonne Delacroix (2 août).

En ce moment, en effet, et depuis les premiers jours du mois d’août, de Mila à la mer et de Collo au Babor, les indigènes étaient surtout préoccupés des faits et gestes de la colonne du général Le Poittevin Delacroix de Vaubois, nommé le 13 juillet au commandement de la division de Constantine.

Ce général était fort connu des Qbaïls de la région, car, pendant plusieurs années il avait commandé le 3e régiment de tirailleurs, et ses anciens soldats, qui le craignaient beaucoup, lui avaient fait une réputation, d’ailleurs très méritée, d’énergie et de sévérité. Tout le monde savait avec quelle vigueur il avait traité les insurgés de 1864 à l’Oued-Dermel

Quinze jours après son arrivée à Constantine, il avait organisé sa colonne, dont la première brigade était composée des troupes ramenées de Sétif par le colonel Flogny ; le 2 août, il se mettait en route dans la direction de Mila, et envoyait ses instructions au colonel Aubry, qui, campé à Sidi-Merouane, devait former sa deuxième brigade. Le goum du capitaine Villot précédait cette colonne qui, en troupes régulières, avait un effectif de 3,500 hommes, presque tous anciens soldats.

Le 5 août, la brigade Aubry quittait Sidi-Merouane et formait l’aile droite de la colonne, qui marchait vers l’Oued-Endja, où Moulaï Chekfa et Ben-Fiala étaient avec leurs nombreux contingents. Le général Delacroix eut avec eux, dans la journée, un engagement très vif sur l’Oued-Sedj, et il les battit si bien que, le soir, ils venaient au camp d’Aïn-Nekhela faire des offres de soumission.

Ce premier succès, qui fit grande impression dans la vallée de l’Oued-el-Kébir, était encore inconnu à la subdivision de Constantine quand avait été signé l’ordre d’abandonner Bounougha ; sans quoi, il est certain qu’il n’aurait pas été donné.

Quoi qu’il en soit, les conditions imposées aux rebelles par le général Delacroix à Aïn-Nekhela, ayant paru trop dures, ne furent pas exécutées. Moulaï-Chekfa rallia les fuyards, se replia dans la montagne et prit position à Fedj-Beïnem, où il attendit une nouvelle attaque de la colonne.

Le 9, le général marcha, en trois colonnes sur cette position. Celle du centre et celle de gauche (commandée par le colonel Flogny) rencontrèrent une résistance énergique au point de Bahloul et au bois du Bardou, près le col de Beïnem ; nos pertes furent sensibles, mais celles de l’ennemi étaient bien autrement graves. Les positions furent d’ailleurs enlevées avec beaucoup d’entrain, et les rebelles, culbutés, écrasés, furent rejetés dans l’Oued-el-Ouedia(1), près des villages des Beni-Ourtiar.

Prise et destruction des villages des O. Rabah des Beni-Khetab (11 août).

Ce rude et brillant combat n’amena aucune soumission ; Moulaï- Chekfa et Ben-Fiala reformèrent aussitôt leurs contingents chez les Beni-Khettab, et le général Delacroix, « voulant frapper de terreur les populations » et les amener à se séparer des deux moqaddems, brûla pendant trois jours les villages situés sur les deux rives de l’Oued-Itera.

Le 11, le goum et deux bataillons de tirailleurs incendiaient les gourbis et les meules de grain des Ouled Rabah, fraction des Beni-Khettab, qui essayèrent encore de se défendre.

Le 12, une autre sortie détruisait tout dans le Djebel-Errés, malgré le courage déployé par ces montagnards, qui ont, dans le pays, une réputation méritée de bravoure et d’énergie.

Soumission des tribus du Zouagha et de celle du Ouled. Askeur (13 août).

Découragés, et voyant l’inutilité de leur résistance ou de leur fuite, les indigènes de la grande tribu du Zouagha vinrent, le 13 août, faire leur soumission au camp de Fedj-Beïnem.

Ils amenaient avec eux : les 48 otages, désignés par le général dès le 5 au soir ; tous leurs mulets, qui allaient servir au transport de nos vivres et de nos fantassins ; des armes, et enfin un fort acompte sur la contribution de guerre.

Les Ouled. Askeur, bien que n’ayant pas encore été atteints par la colonne, vinrent aussi se rendre à merci, sous la conduite de leur caïd, le malheureux Ayech-ben-Zaïd, dont ils avaient si maladroitement méconnu l’autorité.
Il y avait dans ces deux tribus des Zouagha et des O. Askeur des gens énergiques, et, au fond, peu sympathiques aux personnalités religieuses qui avaient imposé leur direction au pays et avaient amené sa raine. Le général utilisa ces éléments; il laissa armés des groupes entiers, les organisa sous le commandement de chefs improvisés ou provisoirement maintenus, et il les rendit responsables de la défense du Fedj- Beïnem contre les autres rebelles.
Il les prévint qu’en cas de défection ou de simple négligence dans cette défense il ferait sans pitié fusiller les otages et les muletiers qu’il gardait par devers lui.

On savait que ce n’était pas une vaine menace, et les rebelles de la veille gardèrent, pendant un mois, le Fedj-Beïnem avec la correction d’une troupe régulière.

Les Beni-Khettab, Beni-Ftah, Beni-Aïcha, Beni-Habibi, Beni- Ideur, Beni-Afeur et autres, étaient restés auprès de Moulaï-Chekfa et de son lieutenant, groupés autour des villages des Beni-Ourtiar.

Combat de Sidi-Marouf (14 août).

Le 14: août, le général Delacroix dirigea contre ces villages une sortie générale. Les gourbis, quoique bien défendus, ne tinrent pas longtemps devant l’énergie de nos soldats ; leurs défenseurs furent délogés, culbutés dans la rivière et acculés au pied du Djebel-Sidi-Marouf, énorme masse rocheuse dont il leur fallu gravir les parois presque à pic sous les feux convergents de l’infanterie, qui les décimèrent tout en restant hors de portée de leurs balles.Les rebelles perdirent beaucoup de monde à cette affaire de Sidi- Marouf, où nos soldats n’eurent que six blessés, lors de l’assaut des gourbis.

Le lendemain 15, le général porta son camp à Fedj-el-Arba, excellente position dont l’occupation permettait de tourner l’Oued-Itera et de pénétrer par les crêtes chez les Beni-Khettab et les Beni-Ideur. Le soir et le lendemain, toutes les tribus, de Fedj-el-Arba à Djidjeli, y compris les Beni-Ideur, anciens vassaux privilégiés de Moulaï-Chekfa, venaient faire leur soumission au général à Djidjeli.
 
Le 17 août, la colonne était à El-Aroussa, autre point stratégique non moins bon ; les Beni-Khettab, les Ouled-Ali, les Beni-Aïcha et les Beni-Habibi, se rendaient à merci et étaient désarmés.

Combat du Djebel-Goufi (18 août).

Au camp d’El-Aroussa, le général Delacroix apprit que la Dryade avait débarqué le 11, à Collo, 2,300 hommes de renfort et 170 chevaux. Il donna aussitôt l’ordre au lieutenant-colonel de La Martinière de marcher avec 1,300 hommes et les sagas reconstituées vers le Djebel-Goufi, où étaient concentrés les derniers rebelles de l’Oued-Zhour.

Le 18 au matin, le colonel était attaqué par les Qbaïls embusqués sur les crêtes du Djebel-Goufi. Un bataillon du 80e de ligne et les goums du capitaine Pont enlevèrent les positions, après un engagement très vif dans lequel un capitaine et trois soldats furent blessés. L’ennemi, qui avait laissé 30 cadavres sur le terrain, continua à tirailler inutilement jusque vers le milieu du jour ; ce fut là le dernier acte de résistance dans la région de Collo.

La nouvelle en arriva le 19 au général Delacroix, qui descendait dans la vallée de l’Oued-el-Kébir par Meharka, endroit où il reçut les soumissions des Ouled-Aouat, Taïlman et Ledjenah.

Moulaï-Chekfa et Ben-Fiala se constituent prisonniers à Meharka (21 août).

Le 21, Moulaï-Chekfa et Ben-Fiala, abandonnés de tous leurs contingents, venaient, à ce même camp, se constituer prisonniers. De Collo au Babor, où était encore El-Koreïchi-ben-Sidi-Sadoun, l’insurrection n’avait plus de chef, et, depuis le beau combat du 15 à Sidi-Marouf jusqu’à son arrivée au Babor, la colonne n’allait plus rencontrer d’ennemis.

Le 22 août, le général était à El-Milia ; il signifiait aux tribus de la rive droite venues à son camp d’avoir à apporter dans les vingt-quatre heures des sommes à valoir sur la contribution de guerre, des armes et des mulets ; le 23, il était obéi, et il rendait compte au gouverneur général qu’en dix jours, du 13 au 23, il avait fait verser 112,000 francs dans la caisse du payeur, reçu 840 fusils, arrêté 146 otages, et assuré, sans bourse délier, les transports de la colonne avec les mulets des vaincus.

Camp de l’Oued-Zhour (du 24 août au 3 septembre).

Le 24, la colonne quittait El-Milia et se dirigeait sur l’Oued- Zhour ; en route, elle brûlait les villages des Mchate, qui, contrairement aux ordres donnés, avaient abandonné leurs habitations à la vue des zouaves ; c’était de la peur, et non de l’insoumission, mais le général n’admettait aucune désobéissance.

Le même jour, au Khemis de l’Oued-Zhour, où l’attendait le colonel de La Martinière, il trouva des députations des tribus du cercle de Collo qui déjà avaient fait leur soumission. Il resta quatre jours sur ce point, réorganisa le pays, fit commencer des enquêtes sur les incendies des forêts, et remania les éléments constitutifs de sa colonne, dont il détacha le colonel Flogny pour l’envoyer à Batna.

Passant alors sur la rive gauche de l’Oued-el-Kébir, le général Delacroix alla camper, le 4 et le 5 septembre, au marché de (Souq-el-Khemis) des Beni-Habibi. Là, il imposa aux Qbaïls l’humiliante corvée de démolir eux-mêmes, sous la surveillance de piquets de zouaves en armes, la zaouïa de Moulaï-Chekfa et celle de Sidi-Ouaretz appartenant à Ben-Fiala.

A suivre:
— La colonne à El-Milia (22 et 23 août).
— Destruction des villages des Mchate (24 août).
— Camp de l’Oued-Zhour (du 24 août au 3 septembre).
— Destruction des zaouïas de Moulaï-Chekla et de Ben-Fiala (5 septembre).

2 novembre, 2008

Senatus Consulte des Tribus de Djdjelli.

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Senatus Consulte des Tribus de Djdjelli.

Les tribus de Collo à Tababort (presque limite Bougie – avec les cotes des microfilms ou des dossiers)
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Les douares de Jijel

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27 juillet, 2008

Mechta Assaka

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Photos Ancienne de Texenna

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5 décembre, 2007

Section ouverte

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4 décembre, 2007

Quelques photos

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Quelques photos dans PHOTOS
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Elbelote ou le liège

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Le liège, c’est l’écorce d’un chêne que l’on trouve autour du bassin méditerranéen, le QUERCUS SUBER plus connu sous l’appellation
CHÊNE LIEGE

Un peu d’histoire Il existe plusieurs centaines de variétés de chêne. On trouve en méditerranée orientale une espèce abondante, le chêne liège. Le liège était déjà utilisé du temps des égyptiens pour fabriquer les bouchons d’amphores. En Grèce antique on en faisait des flotteurs de filets de pèche et des bondes de tonneaux. Les romains s’en servaient pour isoler leurs habitations ou pour fabriquer des chaussures d’hiver. Ils avaient découvert les propriétés mécaniques et physiques du liège : légèreté, élasticité, imputrescibilité, imperméabilité, mauvaise conductibilité thermique et phonique qui en font encore aujourd’hui le meilleur isolant. On le redécouvre dans nos régions au XVIII° siècle pour fermer les bouteilles de champagne (Don Pérignon), puis le vin. Le chêne liège se produit toujours autour du bassin méditerranéen où il pousse depuis trente millions d’années.

La récolte du liègeLe jeune chêne est taillé afin d’obtenir un arbre haut et droit. Vers 30 ans il atteint un diamètre de 60 cm. On va lui enlever sa première écorce (le démasclage), qui va se reconstituer en 9 ans. On pratique alors la même opération (qui s’appelle maintenant l’écorçage) tous les 9 ans. La qualité et la régularité du liège s’améliorent au fil des écorçages. Cette récolte dure pendant 120 ans.La récolte du liège est donc très écologique, elle participe au maintien des forêts (l’arbre n’est pas coupé).

La transformationLes écorces brutes sont apprêtées selon l’utilisation que l’on va en faire, puis le liège est collé avec sa propre résine (la subérine) sans additif. La quasi totalité de l’écorce est utilisée. Le liège est inaltérable dans le temps et peut donc être recyclé (lors de démontage de chambres froides de plus de 50 ans, le liège a été récupéré et recyclé).

La Promenade des chèvres

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Promenade des chèvres Region Texenna

11 novembre, 2007

HISTOIR – LA TRIBU KOTAMA

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LA TRIBU KOTAMAAperçu Historique

Selon IBN KHELDOUN, la tribu de KOTAMA est l’une des plus importantes branches des baranis, « Issues des tribus Amazighs ou berbères, historiquement connues au Maghreb arabe, et qui, selon les généalogistes berbères elles descendent toutes de leur ancestral « Bornes Ben Kotem »
Cependant que les généalogistes arabes disent que cette tribu est l’une des sous-branches de la grande tribu arabe « Himieur » en provenance du sud de la presqu’île arabe, c’est ce que rapportent les deux historiens arabes El- KALBI et Tabari.

Selon cette version, le premier roi de cette dernière, le dénommé « FRIKECHE BEN SAIFI », dont leur territoire fut baptisé par son nom qui devint ensuite le nom de toute l’Afrique, (Continent), est l’un des rois de Yémen des antiquités et serait alors le premier qui occupa l’Afrique et tua son roi DJERDJER.

La tribu de Kotama suivant la première version, aurait donc généré deux branches principales qui sont : « Ghersen et yassouda ”, d’où proviennent toutes les sous branches de KOTAMA citées par les historiens, et ses éléments devaient être, selon cette hypothèse, des éléments locaux originalement attachés à cette terre dés l’aube de l’histoire, et qu’ils ne sont nullement pas le fait des vagues d’immigration provoquées par les centres d’influence des antiquités dont le nord de l’Afrique aura été leurs théâtres, quoi que les kotamas, comme tout les habitants du Maghreb, n’étaient pas à l’abri de l’infiltration des éléments étranges qui se sont intégrés par le biais de mariage, de ralliement ou de coexistence à travers le long voisinage.

Quelles que soient les hypothèses et arguments sur lesquels se sont basées les deux versions, il est à noter que les généalogistes arabes et berbères ne semblent pas êtres divergents que les Baranis (les Abranis) sont les enfants de Bornos ben Borre ben Mazigh ben Canaan ben hem.(Fils de Noé)

On conclue donc, et toujours selon Ibn khaldoune, que les Baranis et les Palestiniens ont les mêmes liens de parentés et appartiennent aux mêmes origines.

Enfin, quelles que soient les origines de cette tribu il y à lieu de souligner que la tribu de KOTAMA, était la plus importante des tribus berbères au Maghreb central au moyen âge de par son nombre et sa renommée.

II- LE TERRITOIRE DE LA TRIBU KOTAMA ET SES CENTRES URBAINS IMPORTANTS.

Les KOTAMAS se sont établis en Afrique du Nord depuis les antiquités, dans les mêmes circonstances que leurs frères de la tribu « El-Bitre.

Dans l’histoire ancienne la région de KOTAMA faisait partie des territoires de Numidie, et durant l’occupation romaine elle fut rattachée en Mauritanie Sétifienne dont le centre était Sétif, le territoire de la tribu KOTAMA s’étend au nord sur la région comprise entre Bejaia et Dellys à l’ouest et Annaba à l’est jusqu’aux limites de la Hodna et les Aurès du côté sud et sud-est jusqu’à Guelma et Souk-Ahras à l’est , ils ont des bastions connus dans l’espace de cette région, citant entre autre, les grands centre urbains connus aujourd’hui comme : Guelma , Souk-Ahras , El-Kala , Annaba , Skikda , Collo, Jijel ,Constantine, Mila, et Sétif. En outre des petits centres urbains situés dans la région des Aurès nonobstant leurs anciennes cités mentionnées par les ouvrages d’histoire tels que Ikjen, aux environs de Beni-aziz dans la wilaya de Sétif, Bellazma, Baghaya et autres.

III-LE ROLE HISTORIQUE DE LA TRIBU KOTAMA

Les historiens notent que la tribu kotama est la plus farouche et irrésistible en défendant leur territoire, elle a toujours résisté aux tentatives d’invasions des envahisseurs et d’occupations étrangères, notamment romaines, vandales et byzantines.

L’effondrement progressif de l’empire romain au début du 5e siècle eu un impact positif et facilita l’émancipation des paysans de la domination romaine dont l’invasion byzantine l’on en a facilité aussi, bien que cette dernière eue été plus pire que sa précédente à causes des destructions et ravages qu’avaient subi les populations et leurs biens. Cependant, les KOTAMA continuèrent à résister jusqu’à l’avènement de l’@!#$ au début du 8e siècle (710), et depuis, les KOTAMAS eurent leurs propres états et leurs propres chefs durant cette époque.

Les Kotamas embrassèrent l’@!#$ malgré les troubles et événements qui eurent lieu à cause de la « RIDDA (L’apostasie des berbères ), cet acte déclencha alors des affrontements entres eux et les troupes arabes , mais la situation se rétablie enfin de compte, bien entendu après que les objectifs non matérialistes et les principes nom complexes des nouveaux venus puissent êtres bien assimilés par les Amazighes, dés là, les Arabes et les berbères œuvrèrent ensemble pour chasser définitivement les Byzantins et romains de leur pays , cette intégration émergea donc, une nouvelle société fondée sur de nouveaux principes permettant la mise en places de plusieurs Etats successifs, historiquement connus et alors les territoires des KOTAMA passèrent sous l’autorité successive des Aghlabides , des Zirides , des Hammadides puis des Almohades .

Au début du 10e siècle, KOTAMA était la plus puissante des tribus berbères du Maghreb de l’époque, elle constitua avec les Fatimides une coalition contre les abbassides en sympathisant les ismaélites partisans de la famille du prophète, pour finir enfin, par abriter et soutenir cette nouvelle doctrine et puisse renverser le pouvoir des Aghlabides en Tunisie, leurs rôle était donc déterminant à la fondation de l’Etat Fatimide auquel ils devinrent son protecteur et son armée fidèle, et que bon nombre d’entre eux furent engagés dans les troupes de Jawhare le Sicilien commandant de l’expédition Fatimide en Egypte, qui, après plusieurs tentatives entra à El-Fostate le 17 chaâbane 358 h., 1069. Et ils y construisirent le Caire, les Kotamas prirent prés du Caire un camp pour y demeurer une force militaire redoutable au service du khalifat Fatimide et conduisirent ensuite des expéditions contre les abbassides jusqu’à DAMAS ; Au CAIR comme à DAMAS on y trouve respectivement , le quartier des kotamas (HAI El- KOTAMYINES ) et la places des maghrébins (HARAT EL MAGHARIBA) .

 cause des attitudes de cette tribu, ses éléments furent, dans différentes périodes et dans plusieurs régions, objet de répression, et représailles des abbassides et de leurs alliés.

IV-LES CARACTERISTIQUES SOCIALES DE CETTE TRIBU ET SON APPORT CULTUREL

Cette tribu s’est distinguée par son courage, sa volonté de vouloir protéger les réfugiés, le respect des homes de science, l’hospitalité et l’attachement aux principes, se sont là les caractéristiques les plus anciennement connus des populations de la tribu de KOTAMA. Il est bien certain que ces caractéristiques et ses bonnes habitudes, contredisent les mauvaises habitudes, qui ne sont d’ailleurs que des mensonges, attribués par certains historiens aux populations de cette tribu, sachant bien que les KOTAMAS aient appris les enseignements de la @!#$ musulmane, qui est seule en mesure de les faire éloigner de tout mauvais comportement et mauvaise moralité du genre que rapportent certains historiens, et que leur contribution à la propagation de l’@!#$ et la promotion des sciences dans tous les domaines émergea de très grand savants que nous ne pouvants les cités tous dans ce passage.

Sur le plan linguistique, toutes les branches de la tribu KOTAMA seraient totalement arabisées à l’exception de « ZOUAOUA » dont le taux d’arabisation est resté très faible à l’époque.

V-LES BRANCHES DE LA TRIBU KOTAMA ET LEUR IMPLANTAION

Les historiens pensent que toutes les branches de KOTAMA remontent aux deux principales branches : Ghersen et Yassouda, ben kotam et de Ghersen descendent toutes les tribus implantées aujourd’hui à travers le territoire de la wilaya de JIJEL et quelques wilayas limitrophes ; Plus précisément des deux sous branches Beni-Yannaoua et Beni- Yentasen.

Parmi les plus importantes tribus des Beni-yannaoua on cite entre autres :

a- Djimla, cette grande tribu se trouve actuellement dans la région dite Djimla (commune ) jusqu’à Tassala dans la wilaya de Mila et les limites d’El-Eulma dans la wilaya de Sétif (il existe encore les Beni Yenni en Kabylie).

b- tribu des M’salta (tala-ifassen) entre Sétif et Akbou ainsi que d’autres localités dans le territoire de KOTAMA .

C’est également : de Beni-Yontasen descend la tribu « Idjana (actuellement Ouadjana) qui se trouve dans l »espace situé entre Taher et

El-milia où on y trouve la tribu de Beni-Mouaâde, commue jusqu’aujourd’hui par ce nom dans la région d’El-Milia.

Et de Beni-Yassouda, la tribu de « METTOUSSA » dont une sous- branche se trouve parmi ceux de Djimla, c’est « METTOUSSINE », citant aussi le village de METOUSSA dans la wilaya de BEJAIA (Bougie) .

LA CONCLUSION

Aujourd’hui, il parait difficile, voir impossible d’identifier les différentes tribus et branches de KOTAMA, compte tenu des circonstances historiques que connu notre pays depuis déjà des siècles au cours desquelles un mouvement migratoire vers l’Afrique du Nord et vis-versa, où un brassage s’est accomplie dont le dernier épisode est bien le résultat du régime d’état civil français qui a aboli d’une manière radicale le système tribal à des fins colonialistes, qui en contre partie, malgré ses effets positifs, il a mis en cause une rupture avec les origines sociales de la majorité du peuple algérien.

De ce fait, il est impossible aujourd’hui de recourir au système tribal, mais plutôt il nous faudra l’étudier pour mieux connaître les origines profondes de cette nation, tout en admettant la réalité confirmée qu’est la fusion de différentes races immigrantes vers cette région, produisant une société multiraciale où prédominent les deux races amazigh et arabe.

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